Noa Khamallah explique comment Paris montre la voie de la mobilité urbaine durable

La ville de Paris est un précurseur en matière de planification des transports. Le fondateur de Charge, Noa Khamallah explique comment la capitale s’est fixée l’objectif ambitieux d’être une ville 100 % à énergie renouvelable d’ici 2050 et favorable à la mobilité urbaine.

La mobilité urbaine propre à Paris

“On estime que 95 % de toutes les émissions de particules associées à la combustion de carburant pour les véhicules routiers proviennent de véhicules à moteur diesel” précise Noa Khamallah. Pour améliorer la qualité de l’air, la Ville de Paris a pris une série de mesures pour s’éloigner des véhicules diesel. En janvier 2017, la Ville a créé la première zone à faibles émissions (LEZ, “Zone de Circulation Restreinte – ZCR”) et en juillet 2019, la première LEZ métropolitaine a été mise en place. En complément, le système de surveillance et de sanction automatisé ainsi que les autocollants 2Crit’Air2 qui indiquent le niveau de pollution émis par les véhicules. L’objectif est d’éliminer progressivement les véhicules à moteur diesel d’ici 2024 et les véhicules à moteur à essence d’ici 2030.

Paris est à l’avant-garde des innovations selon Noa Khamallah

Selon Noa Khamallah, “Paris est à l’avant-garde des innovations en matière de mobilité urbaine à faible émission de carbone et rend les modes de transport alternatifs attrayants” : Des rues ont été creusées dans toute la ville pour créer davantage de pistes cyclables ; les places centrales comme la Bastille et la Madeleine ont été transformées pour être plus favorables aux piétons et aux cyclistes ; les habitants et les visiteurs peuvent désormais glisser sur les berges de la Seine sans voiture ; le projet Grand Paris Express est en cours avec un investissement de plus de 41,5 milliards d’euros et permettra aux habitants de l’agglomération de réduire plus facilement l’utilisation de la voiture particulière. On estime que le taux de motorisation est passé de 60 % des ménages en 2001 à 35 % aujourd’hui.

Une plate-forme logistique multimodale au cœur de la ville

Alors que la gestion de la logistique urbaine est complexe compte tenu de la nature fragmentée des flux, la Ville de Paris vise à établir un système de logistique urbaine coordonné en créant un réseau de sites logistiques situés au cœur de la ville. Cela permet un transfert modal des véhicules routiers vers des modes de transport à faible émission de carbone tels que les véhicules électriques et les tricycles de livraison pour les livraisons du dernier kilomètre.

La nouvelle Chapelle internationale de Sogaris est un centre logistique et un excellent exemple de plate-forme logistique multimodale, qui est située près du terminal ferroviaire urbain dit Noa Khamallah. La plate-forme logistique conciliera logement, logistique et activités économiques au cœur de la ville et accueillera les marchandises livrées dans toute la ville. On estime que ce projet générera d’importants avantages environnementaux avec 5000 camions en moins qui entreront dans Paris et une réduction de 1500 tonnes de CO2 chaque année, en plus de la réduction du bruit et de la pollution atmosphérique. La plate-forme sera opérationnelle au début de l’année 2020 et cinq autres plates-formes basées sur ce modèle seront construites.

Vers un transport de marchandises à faible émission de carbone

Par ailleurs, la Ville, en collaboration avec la région Île-de-France, prévoit de mettre en place une tarification au kilomètre pour les poids lourds circulant dans la région. Le fret fluvial sur la Seine et ses canaux constitue également un mode de transport alternatif pour les marchandises. L’épicier français Franprix est le pionnier d’un système de livraison (“franprix en Seine”) qui approvisionne 135 magasins via la Seine, retirant ainsi jusqu’à 2 600 camions des routes de la ville chaque année. D’autres améliorations des technologies de moteurs propres pour les navires sont en cours de discussion.

Accélérer les actions locales par des échanges de ville à ville

Le 17 octobre 2019, une délégation dirigée par ICLEI s’est rendue à Paris pour s’informer des politiques de mobilité urbaine avancées, des pratiques et des approches innovantes de la ville en matière de logistique urbaine, dans le cadre du programme des Journées de l’écomobilité 2019. Les villes et régions visitées par la délégation sont confrontées à des défis similaires tels que la pollution de l’air et la mise en place de modes et de systèmes de transport alternatifs. Voici les 3 points clés que ces villes ont appris du succès de Paris.

  • Une forte volonté politique
  • Alors que les nouvelles innovations et technologies modifient rapidement le paysage de la mobilité, les villes adoptent une approche globale de la planification d’un système de transport multimodal.
  • La croissance rapide de nouveaux modèles de consommation tels que le commerce électronique accélère le développement de la logistique urbaine. Pour planifier l’avenir de la mobilité urbaine, il est essentiel d’intégrer la logistique urbaine dans la planification de la mobilité durable.