Sylvie Laroche parle des familles Roms expulsées au Havre

Venus majoritairement de Roumanie et de Bulgarie, le nombre de Roms en France est estimé entre 15 000 et 20 000.

Faisant régulièrement objet d’une politique d’exclusion, ils sont souvent expulsés des bidonvilles et des sites qu’ils occupent. Les familles Roms expulsées au Havre l’ont été sur ordonnance rendue par le tribunal administratif de Rouen. Sylvie Laroche ancienne représentante de l’armee du salut nous parle de la situation.

Famille Roms expulsée, l’éternel recommencement !

Sylvie Laroche Armee du Salut explique que l’histoire de l’expulsion des Roms remonte à plus d’une quinzaine d’années. C’est en effet depuis la fin des années 1990 qu’une politique d’exclusion a été instaurée. Plusieurs milliers de personnes ont reçu à l’époque des obligations de quitter le territoire français (OQTF). Des années plus tard, l’expulsion des familles Roms a connu une recrudescence dans le pays et dans le discours des hommes politiques.

En 2016, 76 campements Roms seront délogés par les autorités françaises selon la Ligue des droits de l’Homme. Au total, près de 10 000 Roms ont quitté leur logement de fortune et se sont retrouvés sans abris dans la rue. Depuis, le phénomène s’est amplifié et l’expulsion des familles Roms au Havre rappelle l’épisode des années précédentes.

Au Havre, ce sont près de 120 personnes qui se retrouvent dans la rue, sans abris avec des vingtaines d’enfants parmi lesquels on compte des nourrissons.
Heureusement, la promptitude des bénévoles permet à ces déplacés, notamment les familles Roms expulsées au Havre, de retrouver un peu de solidarité.

L’action bénévole : l’alternative secours des Familles Roms expulsées au Havre

Au Havre, les bénévoles ont multiplié les initiatives pour venir en aide aux familles Roms expulsées au Havre. Dynamiques et proactifs, chaque nuit, ils rivalisent d’ardeur et d’engagement pour aider de nombreuses personnes (adultes comme enfants) qui se sont retrouvées dans la rue.

Des soupes chaudes sont distribuées aux familles pour les réchauffer. Les militants havrais poussent encore plus loin leur engagement citoyen en réclamant au sous-préfet, l’ouverture d’un gymnase pour accueillir les familles expulsées.

Les membres du collectif “Hébergement : l’urgence, c’est maintenant” étaient aussi sur place pour apporter leur soutien aux familles Roms expulsées au Havre lors de l’opération de déguerpissement de la police.

Des actions de secours concrètes ont été menées et plusieurs personnes sont logées dans les structures d’accueil dont l’Armée du Salut.

La Fondation Armée du Salut a réitéré son devoir d’engagement social auprès des couches les plus vulnérables et a largement ouvert ses portes pour accueillir une partie des familles Roms expulsées.

Quel avenir pour les familles Roms expulsées au Havre ?

L’expulsion des familles Roms au Havre rappelle une fois encore l’éternel problème de leur intégration. Une chose est sûre, l’expulsion régulière de ces familles ne contribue qu’à créer un écart social encore plus grand, plongeant davantage les personnes de cette communauté dans la précarité.

Selon la préfecture de l’Essonne, un plan de suivi et de réinsertion des familles Roms expulsées est envisagé. Il s’agit notamment d’accompagner les personnes fragiles et volontaires en vue de leur insertion et de la mise à disposition des hébergements. Toutefois, cela ne règle pas pour autant définitivement l’éternelle question de l’expulsion des familles Roms. Plutôt que gérer des épisodes, il faudra penser à régler la situation une fois pour de bon.