Le plan gouvernement pour la biodiversité

Ce mercredi 04 juillet 2018 a eu lieu le plan gouvernemental pour la biodiversité. Mais en quoi consiste-t-il exactement et quels objectifs ont été fixés à l’issue de cette concertation ? Pourquoi un “plan gouvernement pour la biodiversité” ? Quelques éléments de réponse avec Maud Fontenoy, ex-navigatrice profondément impliquée dans l’écologie maritime comme terrestre.

Le déclin de la biodiversité, un constat alarmant

abeillesPeut-être avez-vous entendu parler du déclin inquiétant des abeilles, des océans vidés de leurs poissons ou de la diminution d’espèces volatiles ? Ceci n’est que quelques exemples des dangers qui pèsent sur la biodiversité. En cause ? Les activités humaines sources du réchauffement climatique, la surpêche due à la surconsommation de poisson, la destruction des forêts amazoniennes ou encore la pollution maritime en grande partie par le plastique (pailles, sacs…).

D’après l’IPBES (Fondation pour la recherche sur la biodiversité), en Europe et en Asie centrale par exemple, 42% des animaux et plantes terrestres, 71% des poissons et 60% des amphibiens sont en perpétuel déclin depuis une dizaine d’années. On parle alors d’extinction de masse de nombreuses espèces animales comme végétales. Ainsi, ce ne sont pas moins de 83% de la surface terrestre, et par extension de la biodiversité qui y vit qui est directement affectée par l’activité humaine. On parle d’ailleurs souvent des abeilles car sans abeilles il n’y aurait plus de pollinisation ce qui entraînerait la perte de nombreuses espèces animales. En d’autres termes, l’écosystème sera totalement chamboulé si nous n’agissons pas dès maintenant.

Quelques chiffres illustratifs

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Au total ce sont 18 000 espèces animales qui sont en voie d’extinction soit un tiers d’entre elles. La liste rouge des espèces menacées dressée par le comité français de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) démontre ainsi que l’ours brun, le lapin de garenne ou encore le loup gris sont quelques-uns des (nombreux) mammifères terrestres menacés d’extinction. En termes de mammifères marins l’on peut citer le cachalot ou le phoque gris.

Une autre étude a démontré qu’entre 1989 et 2017, près du tiers des oiseaux de campagne avaient disparu. Les abeilles sont quant à elles également décimées avec dans certaines régions un taux de mortalité pouvant atteindre les 90% à cause de pesticides.

Enfin, en terme végétal, ce sont 68 000 hectares de terres qui disparaissent annuellement en raison d’une sur-urbanisation et de l’accroissement des terres agricoles.

Un constat alarmant qui a donné lieu à une série de conférences gouvernementales sur la question de la préservation de la biodiversité.

Que contient le “plan biodiversité”?

Ce plan vise avant tout à aborder et arrêter le massacre de la biodiversité par les activités humaines. On assiste donc à une mobilisation générale du gouvernement pour traiter de cette problématique environnementale. Cependant, d’autres acteurs se sont impliqués pour ce “plan biodiversité” comme les entreprises, collectivités locales, associations et citoyens à titre individuel.

Des objectifs ambitieux ont donc été fixés pour faire face à cette véritable crise écologique qui prend de plus en plus d’ampleur. En effet, pas moins d’une centaine de mesures a été décrétée mercredi 4 juillet 2018 en faveur de la biodiversité.

Ainsi, d’ici 2025, le gouvernement s’engage à ce que plus n’aucun plastique ne soit rejeté en mer par la France. Pour ce faire, a déclaré Nicolas Hulot, plusieurs objets en plastique comme les cotons-tiges, pailles ou gobelets vont être interdits en France d’ici quelques années. Le plan prévoit aussi de n’arriver à produire que du plastique recyclé.

Au niveau de la terre, l’artificialisation des sols sera bannie, même si aucune date n’a encore été fixée pour cette mesure. Concrètement, cela signifie la préservation des forêts et des espaces de production agricole et une réduction de l’urbanisation massive.

La mesure compte également inciter les agriculteurs à préserver la biodiversité sur leurs propres champs (ex : protection de certaines zones, réduction des pesticides, plantation de haies etc.). Le “plan biodiversité” prévoit via un financement de 600 millions d’euros le développement sur quatre ans de l’agriculture biologique pour justement réduire ces pesticides responsables entre autres de la disparition des abeilles. Le financement sera également employé pour restaurer les milieux aquatiques ou favoriser “la nature dans la ville”. La sensibilisation des jeunes, comme le fait par exemple la Maud Fontenoy Foundation, est également prévue parmi les mesures.

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En termes d’entreprises, ces dernières seront mises à contribution également via une “empreinte biodiversité” qualifiée de “Shazam de la biodiversité” par Nicolas Hulot. Cela se traduira par un indicateur commun qui devra être renseigné dans les rapports Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE).

Le “plan biodiversité” représente la première concertation officielle durant laquelle le sujet est abordé de manière transversale et où l’économie et la nature ne doivent plus être considérées ni agir en conflit.

 

 

 

 

 

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